GMC DUKW 353 – 1942
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Le DUKW a été construit par Yellow Truck & Coach Manufacturing Co. rebaptisé GMC Truck & Coach Division fin 1943

Selon la nomenclature GMC de 1939, son nom se décompose comme tel :

D (année de conception initiale) = 1942
U (configuration du véhicule) = amphibie
K = entraînement de l’essieu avant
W = entraînement de l’essieu arrière (combinaison de KW= Modèle 6×6)

C’est un camion 6×6 équipé d’une coque intégrale en acier soudé, d’une hélice marine avec une pompe de cale et un gouvernail. Le gouvernail est lié à la colonne de direction, il dirige le véhicule dans l’eau quand on tourne le volant.

Ce n’est pas un 6×6 simple car le moteur entraîne aussi l’hélice aquatique et le treuil arrière. Il y a d’ailleurs des leviers d’embrayage pour ces 2 équipements, en plus des leviers classiques.

Très vite, il prit le surnom de duck (canard).
Le premier essai eut lieu le 3 juin 1942 à Milford dans le Michigan.
La commande initiale a été passée pour 2.000 véhicules. Un total de 21.147 DUKW ont été construit jusqu’à la fin de la production en août 1945.
Plus de 500 modifications ont été apportés au cours sa vie, d’août 1942 à août 1945.

Cet engin permet de transporter une grande quantité de matériel divers (jusqu’à 5.000 livres en temps normal, mais 10.000 livres dans des conditions idéales) ou 25 soldats équipés.

Sur les derniers modèles une pompe à pneu fonctionne en permanence lorsque le moteur est en marche et régule la pression des 6 roues

Longueur : 9,45 m
Largeur : 2,50 m
Hauteur : 2,70 m
Garde au sol : 0,30 m
Poids à vide : 6.560 kg
Poids en charge : 9.450 kg
Vitesse maximale dans l’eau : 10 km/h
Vitesse maximale sur route : 70 km/h
Autonomie maximale dans l’eau : 80 km
Autonomie maximale sur terre : 385 km
Armement optionnel : une mitrailleuse Browning de 12,7 mm, Il y a aussi des versions avec des lances roquettes
Transport : 25 soldats équipés ou possibilité d’embarquer jusqu’à 2.500 kg de matériel
Moteur : GMC 270 à 6 cylindres, 4.417 cm3 de 91,5 chevaux à 2.750 tr/min

Dukw sur la Seine en France

Très utilisé lors des exercices amphibies, et notamment lors du Débarquement de Normandie, sa manœuvrabilité permet au DUKW d’effectuer la navette entre les navires de transport et la plage ou encore traverser des rivières.

Photo perso, DUKW dans un dépôt militaire près de Paris (au dessus) et à Reims (en dessous)

Utilisés lors de la guerre de Corée, les GMC DUKW 353 ont été très appréciés par les soldats américains. Le DUKW est resté en service jusque dans les années 1960.

Ravitaillements de DUKW auprès d’un pétrolier

Il y a eu plusieurs tentatives de remplacement des DUKW, notamment :

En 1950, ​​un DUKW était équipé d’hydrofoils pour devenir le « Flying Duck »
Le GM XM147 Super Duck
Le GM XM148 Gull
Lle GM XM157 Drake

Le Flying Duck  à hydrofoils

A quel moment les Marines sont-ils les plus vulnérables ? A la vitesse de seulement 5 nœuds (9,26 km / h) sur l’eau dans un DUKW…
En 1956, le colonel Frank Speir du bureau de design spécialisé a proposé de retirer le canard de l’eau. « Soulevez-le sur les hydroptères en augmentant considérablement la vitesse ». Et en 1957, le Flying Duck a été construit.

Les deux ailes avant (en forme de L, avec une envergure de 2,74 mètres chacune) et l’aile arrière en forme de T inversé (balançoire de 3,65 mètres, pivotant, avec une vis) pouvaient se replier. En vol, l’essentiel était de savoir à quel moment il fallait replier les ailes pour qu’elles ne touchent pas le fond. 

Bien sûr, avec un moteur natif de 91,5 ch il n’était pas possible de faire grand-chose… Alors dans la soute, ils ont installé un moteur d’hélicoptère, le puissant Lycoming T-53 de 860  ch. 

A priori des tests de foils avaient été fait sur un bateau équivalent en taille et en poids

C’est la société Miami Shipbuilding Corp. qui à construit le Flying Duck à hydrofoils et aux dires des différentes sources, l’engin allait à  plus de 30 nœuds, entre 60 km/h  et 96,5 km/h. Le succès a été immédiat, en quelques minutes le DUKW pouvait se sortir de situations dangereuses rapidement. 

Mais pourquoi a-t-il été abandonné aussi rapidement ? La réponse est simple, il n’y avait plus de place dans la machine expérimentale pour la charge utile. La turbine à gaz prenait beaucoup trop de place et les systèmes relevables d’hydrofoils aussi.

Le XM147 DUKW Super Duck

C’est un véhicule amphibie de l’armée construit sur une période de deux ans et testé à Aberdeen Proving Ground de 1956 à 1957. L’armée avait besoin d’un véhicule qui se comportait comme un bateau dans l’eau et un camion à terre. En 1953, le prototype doté d’un moteur de 145 ch a été mis à l’essai. Il pourrait transporter 4 tonnes de fret à une vitesse de 80 km/h sur une route et 12 km/h sur l’eau. La cabine était entièrement en métal avec des vitres latérales coulissantes et des pneus de 15,50 x 20.

La Super DUKW avait des problèmes de freins, de direction et de refroidissement du moteur. La forme de sa coque posait des problèmes de vitesse dans l’eau. Il a été fabriqué par General Motors et était en service de 1953 à 1980.

Ce véhicule unique est encore exposé sur le terrain du 45th Infantry Division Museum à Oklahoma City.

Le XM148 Gull

À la fin de la Première Guerre mondiale, la société JJ. Brill a construit le prototype du XM148 Gull,  6×6 amphibien militaire de 5 tonnes, dont la caractéristique principale était un corps arrondi en fibre de verre. Il utilisait un moteur à essence Hall-Scott de 250 ch, une boîte manuelle à 5 vitesses Spicer, une boîte de transfert du Wisconsin à 2 vitesses et deux hélices d’un diamètre de 83 cm. La vitesse sur terre était de 96 km/h et 13 km/h dans l‘eau.

Malheureusement, malgré un certain nombre de solutions innovantes avec une puissance de moteur augmentée et d’autres innovations, cet amphibie avec une capacité de charge de 4,53 tonnes était constitué d’un très mauvais plastique qui le rendait très vulnérable et difficile à réparer. De plus malgré sa plus grande puissance il n’égalait pas le DUKW et consommait trop d’essence.

Les tests ont aussi révélé un essieu avant beaucoup trop fragile. Malgré une deuxième version un peu améliorée, le XM148E1, l’armée Américaine n’a pas donné suite au prototype, et la société Brill à alors déposé son bilan cette même année.

Le XM157 Drake

Lors des études pour un nouvel amphibien SUPER-DUKW, conçu pour remplacer le bon vieux DUKW, un problème intéressant s’est posé,  en sortant de l’eau, à l’atterrissage, la répartition de la charge était telle que les roues avant s’enfonçaient ou même s’enterraient instantanément dans les sols meubles. La proposition d’installer deux axes à l’avant pour réduire la charge sur le train était logique.

Peu à peu, au cours de la construction, une machine complètement différente a commencé à apparaître sur la planche à dessin des concepteurs de GMC. Le gros transporteur avait déjà reçu deux moteurs de 145 ch, et pour ne pas s’embarrasser de la synchronisation des 2 moteurs, il a été décidé de les répartir le long des axes. En un sens, un moteur a fait tourner le premier et troisième essieu, l’autre fait tourner  le deuxième et le quatrième essieu. En même temps, chaque moteur avait sa propre transmission automatique, une boîte de transfert à deux vitesses et une boîte de dérivation à deux vitesses à travers laquelle tournaient deux hélices rotatives (se relevant lorsqu’elles se déplaçaient à terre) .

La suspension était également intéressante, au lieu des éléments élastiques traditionnels, les roues étaient suspendues à des « coussins » gonflables, ce qui modifiait la pression, ce qui permettait de modifier la garde au sol et de tirer légèrement les roues dans la coque dans l’eau, réduisant ainsi la résistance au mouvement.

La longueur de l’amphibie était de 12,8 m, la largeur 3,05 m, la hauteur dans la cabine 3,3 m. Avec une masse maximale légèrement supérieure à 22 tonnes, le XM-157 Drake peut transporter jusqu’à 8 tonnes de fret à une vitesse de 70 km/h par voie terrestre et à 14,5 km/h par voie d’eau. Pour une distance de 700 km (par voie terrestre). Une telle opération nécessitait de brûler 636 litres d’essence, répartis dans quatre réservoirs.

Et maintenant, passons à la raison pour laquelle l’engin n’a pas été produit. Deux moteurs, deux boîtes de vitesses automatiques, deux fois plus d’entretien et des réglages difficiles et un « bonus » en lacet lors de la conduite dans l’eau (logique, puisque les moteurs ne sont pas connectés mécaniquement, la synchronisation des rotations des hélices est irréelle), deux fois plus de cout, un engin trop cher, même s’il était réussi.

Comparaison avec le DUKW à gauche, le Super Duck au milieu et le Drake à droite

Et aujourd’hui, qu’en est-il des engins amphibies de débarquement ?

Engin de débarquement amphibie rapide (EDA-R)
Landing Craft Amphibious Catamaran (LCAT)

Missions :

  • Transport et débarquement rapides de troupes et de véhicules
  • Acheminement logistique
  • Opérations humanitaires : assistance aux populations civiles et évacuations de ressortissants

Atouts majeurs :

  • Concept novateur à transformation de forme : catamaran en transit, fond plat à l’approche du littoral
  • Grande manœuvrabilité : 180° en 40 secondes, déplacement latéral
  • Débarquement sur plage et sur quai
  • Chargement et déchargement simplifiés : portes à l’avant et à l’arrière (RoRo)
  • Interopérabilité selon les standards OTAN Déploiements : Golfe de Guinée, Méditerranée Orientale, Océan Indien, Océan Atlantique

Le document officiel : Fiche+technique+EDAR

Les DUKW touristiques

Plusieurs DUKW sont toujours en état et sont utilisés pour faire des parcours touristiques dans les villes de Londres, Boston, Philadelphie, Pittsburgh, Baltimore, Wisconsin Dells, Seattle, San Francisco, Santa Barbara, Halifax, Liverpool, Dublin, Rotorua en Nouvelle-Zélande, Coxyde et Blankenberge en Belgique et Kobe.

Une paire de DUKW « civilisés » servent de ferries et d’attractions touristiques dans l’île anglo-normande de Jersey en permettant d’accéder à toute heure de marée au château Elizabeth, situé sur un îlot rocheux dans la rade de Saint-Hélier.

Plus anecdotique a été l’usage des DUKW pour l’exploitation ostréicole et mytilicole sur l’estran de la côte ouest du Cotentin dans les années 60 et 70 qui a été assez rapidement supplanté par l’emploi de tracteurs agricoles réformés, moins gourmands en carburant, plus fiables et surtout moins problématiques à réparer (disparition des pièces détachées).

D’autres articles sur les DUKW touristiques viendront s’ajouter à celui-ci sur SixMania

Le BAV/ZIL 485 Russe

Il ne manquait plus que la version Russe très copiée sur le GMC DUKW, il manque le plat arrière, ça permet de le reconnaitre.
Je vous laisse regarder, mais il n’est pas si mal que ça !

Le ZIL 135P Russe (MAJ 15/08/2019)

Il y a une autre version Russe, le ZIL 135P, l’amphibien du transport Dessand, créé en février 1965 sur la base du châssis du ZIL-135K…

Il me reste encore quelques photos et plans des DUKW

Quelques Maquettes

La version LEGO La version G.I. Joe

Et puis le vrai

Pour les passionnés, accédez à la DOC TECHNIQUE DU DUKW ici !

Et pour finir quelques vidéos


Commentaire

GMC DUKW 353 – 1942 — 2 commentaires

  1. Beau reportage sur le dukw ,merci
    Je cherche des plans du dukw avec les dimensions des menbrures,épaisseurs des profilers etc…
    Projet de fabrication en aluminium merci salutations

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