Pentacycle de Raphaël Zarka et Vincent Lamouroux – 2001
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Le Pentacycle est un vélo à 5 roues qui permet de rouler sur le rail de l’Aérotrain d’Orléans, il a été conçu par les artistes Raphaël Zarka et Vincent Lamouroux. Les pneus ballons ressemblent fort à ceux d’une brouette d’une autre époque…

3 roues gèrent les horizontales, deux au sol et une en haut, 2 roues gèrent les verticales. Un siège très sommaire permet au pilote de pédaler la roue du haut. Pour l’art tout est parfait.

Je vous conseille vraiment de regarder la vidéo du Pentacycle

La voie de l’Aérotrain est un fragment, à l’écart du continuum béton-goudron de nos villes. C’est à la fois un objet gigantesque et un espace autonome. Ce tronçon de 18 km de long servait aux essais de L’Aérotrain de l’ingénieur Bertin, un véhicule sur coussin d’air dont les tests ont été réalisés au début des années 70 puis abandonné faute au décès de Georges Pompidou.

Lawrence Alloway écrivait dans les années 60 à propos de l’imaginaire technologique que le demain d’hier ne correspond jamais au jour présent (yesterday’s tomorrow is not today). L’histoire de l’Aérotrain justifie cette équation, et le rail de l’Aérotrain reste le seul témoin d’un chevauchement de temps hétérogènes. Cet espace de mise en mouvement physique, aujourd’hui abandonné, s’est transformé en espace de mise en mouvement de l’imaginaire.

L’objet Pentacycle est le centre de notre projet : il s’agit d’un véhicule-objet permettant de voyager exclusivement sur le monorail de l’Aérotrain. Mais plus qu’un véhicule, le Pentacycle est en quelque sorte un documentaire en 3D. Immobile, à l’intérieur de la galerie, le véhicule-objet reprend sous une autre forme les principales caractéristiques du lieu, ou au moins celles que nous avons cru pouvoir observer. Le projet dans son ensemble comprend également un texte (sous la forme d’un entretien) qui fait le tour de nos motivations et une vidéo montrant le trajet du « pentacycliste » d’un bout à l’autre du rail à travers la diversité des paysages traversés (champs, forêts, zones industrielles, zones pavillonnaires…).

L’ensemble de mon travail et de mes projets soulève des questions suggérant une relation au « contexte » ou à la place du travail artistique. Mais ces termes fonctionnent plus comme un cadre de travail qui apparaît de temps en temps comme un dysfonctionnement de notre imagination lorsque nous sommes incapables de nommer des désirs ou la relation que nous entretenons avec certains types d’espaces. La plupart de ces espaces sont peu accueillants ou ne supposent pas que nous puissions y vivre. En changeant et modifiant les perspectives d’un possible public, soudain, sans contrôle, la disponibilité et la distance entrent en jeu… Pendant quelques moments inattendus, la chose a une nouvelle vie, une présence, pour ensuite retomber dans la futilité.
– Vincent LAMOUROUX

Le Pentacycle avait un ancêtre, la Draisine Bertin.

Pour se déplacer sur la voie de l’Aérotrain d’Orléans qui était tout de même assez longue (Il fallait la vérifier avant chaque vol et entretenir des plateformes de retournement), l’équipe avait construit une draisine.
A l’origine, la draisine était un véhicule ferroviaire à propulsion humaine, grâce à un levier analogue à celui d’une pompe à incendie de l’époque comme on en voit dans les westerns.

Une draisine de Western.

Constitué d’un châssis muni de roues de guidage auquel étaient attachées deux motos, des Jawa 250 ou 350 tête-bêche et direction bloquée roulant chacune d’un côté du rail, l’une en marche avant et l’autre en marche arrière, lui permettant d’aller n’importe où sur la voie et d’en revenir.

Jawa 250

Photo d’époque

On voit la draisine à droite de la photo près du hangar à Gometz-la-Ville.

Suivant le sens où on voulait aller, on faisait marcher l’une ou l’autre. D’après ce qu’on en sait, ça n’a jamais bien marché parce que la chaîne de la moto en marche arrière avait tendance à sauter ou à se coincer et peut-être même l’ensemble (mauvais alignement ?)…
Il faut dire que la transmission d’une moto n’est pas faite pour fonctionner en sens inverse.
Deux draisines avaient été construites pour les deux voies de l’Aérotrain à Gometz et à Orléans. Les dimensions des rails en T inversé étant différentes.

Merci à mon Papa, Ex-Ingénieur Bertin sur l’Aérotrain (entre autres) pour son texte sur la draisine Bertin.

Pour les besoins de son spectacle autour du Pentacycle, Raphaël Zarka avait reconstruit une copie de draisine Bertin pour la présenter au public. Celle-ci n’a jamais roulé sur la voie de l’Aérotrain.

Pour la petite histoire, une vraie draisine a été hissée sur la voie de l’Aérotrain le temps d’un tournage de film, je ne sais pas lequel, j’ai juste une belle photo…


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