En Australie à la fin des années 70, le corps hospitalier a identifié un besoin pour une ambulance de grande capacité, dont la charge utile serait supérieure à celle des ambulances de type fourgon Holden existantes.
Cela était du à l’évolution des soins prodigués aux patients embarqués qui devenaient de plus en plus nombreux et sophistiqués ainsi qu’aux techniques de réanimation qui demandaient plus de matériel à bord.
Pour répondre a ce besoin, Les hôpitaux Saint-John et la société Moeller Industries ont conjointement développés l’ambulance Em-Care basée sur un châssis de la gamme Holden HJ.
Celle-ci était équipée de six roues et d’un puissant moteur V8 pour pouvoir mouvoir les presque 3 tonnes de l’engin chargé.
Un des artisans de Les Brazier (un fournisseur alternatif à Moeller) met la dernière main à un Em-Care après avoir effectué des travaux de finition ( 1975).
Le compartiment arrière permettait à l’accompagnateur de s’asseoir ou de se tenir debout à côté du patient qui lui était allongé sur une civière qui, contrairement à la plupart des ambulances rentrait telle quelle sans se replier grâce à une rampe.
L’Em-Cares avait donc deux essieux arrière pour parer au surplus de poids, palier au long porte-à-faux assura ainsi une bonne stabilité.
Malheureusement, seul le premier essieu était entrainé, ce qui signifie que si l’équipage devait traverser un large fossé ou une profonde ornière, la lourde ambulance se retrouvait sur ces roues avant et sur le deuxième essieu arrière faisant que le premier essieu arrière se retrouvait dans le vide sans capacité motrice ! … Scénario très embarrassant pour les ambulanciers et qui donnera une certaine réputation à l’Em-Care…
En 1982, les ambulances Em-Care ont été peu à peu remisées avec l’introduction des ambulances Twin-Life sur base Ford F-150, mais beaucoup d’entre elles ont continuées à servir dans les milieux ruraux jusqu’au début des années 90.
On en retrouve un certain nombre aujourd’hui conservées et parfois transformées par des particuliers.
Kevin Marsland était ambulancier à l’époque des Em-Care, il témoigne :
« Les soins médicaux nécessitaient de lourds équipements à bord et du matériel d’entretien, les châssis avaient du mal à résister a cette charge et les essieux arrières cassaient régulièrement.
Les pneus du dernier essieu frottaient trop souvent et le système de freinage était trop juste pour arrêter cette masse… un gros coup de frein et les plaquettes partaient en fumée !
Et je ne n’aurais pas voulu payer les factures de carburant pour le V8 à la consommation gargantuesque !
Il y avait les unités de gaz médical aussi, qui se sont avérées très difficiles à gérer et qui pouvaient qualifier notre métier d’activité à risques !
Et que dire de la marche en caoutchouc sur la porte-rampe arrière qui a coûté cher en poursuites civiles pour les blessures de nombreux infirmiers après avoir glissés dessus !
Tout ceci à fait que ces ambulances ont faillit voir leurs certificats de circulations routières annulées, que de péripéties ! … Mais ça c’est une autre histoire…
Bref, à l’époque cette Em-Care était une bonne idée mais il y avait en fait de meilleurs choix… Ils ont certainement voulus privilégier le constructeur national… « Kevin Marsland portant le costume et la casquette qui étaient les uniformes réglementaires de tous les ambulanciers de St. John jusqu’au début des années 80. En effet, en tout bons officiers qui se respectent, ils devaient porter une casquette, même en conduisant.
Quelques spécifications de l’Em-Care :
∙ Base : Holden série QG, HJ (majoritaire) et HZ
∙ Moteur : V8 5,Ol (308ci) 179Kw (244ch)
∙ Boite : automatique à 3 rapports (Turbohydramatic 400)
∙ Longueur : 5870mm
∙ Compartiment patient : 2970mm de long et 1780mm de haut
Une nouvelle vue de cette BMW série 3 à 6 roues (28/01/2008)
Suzuki Vitara, trouvée sur Internet, pas hasard et sans explication.
Salon de Tokyo , une Mazda à 6 roues ? (13/11/2006)
Merci Neortic pour cette Talbot Horizon Camping Car à 6 roues ! (29/12/2006)
Une Skoda 120 à 6 roues, impossible d’en trouver d’autres, merci Teamzs (29/12/2006)
Dans la course, une Mazda 323 à 6 roues très particulière, l’essieu rajouté est dans la porte… (12/10/2006)
Merci Jean-Noël pour la correction (04/04/2008)
Le site dit bien Mazda 323, mais je trouve que ça ressemble plus à une fiat 128 coupé, non ?
C’est pas un fake,
4 roues directrices, empattement très court.
Constructeur Perso !
(23/05/2007)
Comment modifier une Mazda Pickup B2200 de 1989 en Lowrider à 6 roues ?!
Voici le modèle original…
Et voici où en est Joe dans sa création !
Joe à complètement refait la structure de la voiture, l’arrière sera équipé d’un lit d’été recouvrable par un toit (!), demi portes basculantes, renflement de capot pour plus d’énergie hydraulique (?)
Il a déjà reçu un prix dans un show pour le plus beau mini-truck en construction !
Avec la coupe du vainqueur !
A priori, elle est comme ça aujourd’hui !
Neortic me confirme qu’il s’agit d’une Trabant. Donc Russe et non Américaine ! (29/03/2007)
Avez-vous remarqué que les 2 passages de roues sont différents, comme les 2 jantes ?!
Confirmation de l’existence de cette Trabant. Les passages de roues différents, c’est pour la ligne ! (22/03/2008)
Autre Traban à 8 roues ! (09/11/2007)
Des Saab à 6 roues ! Version plateau (28/01/2008)
et version fourgon (28/01/2008)
Unique, non ?
Laurent me confirme qu’il s’agit d’une Saab Pickup, la classe.
Cette voiture servait aux tournages publicitaires Saab.
Pierre Tissier occupe véritablement une place à part dans le microcosme de la fabrication de voitures à 6 roues (et même plus). Il est en effet incontestablement l’un des plus grands spécialistes au monde dans ce domaine mais surtout le spécialiste des Citroën à plus de quatre roues dont le principe de ses constructions est basé sur la technologie de l’hydraulique Citroën pour laquelle il a procédé à une extension de la suspension hydropneumatique sur plusieurs essieux. Il est même le pionnier dans ce domaine puisque il fut le premier à adopter ce principe de transformation sur les voitures de la marque au double chevron et dont la finalité réside dans une voiture destinée à un usage intelligent et réellement exploitable.
Les Tissier ont été déclinées en de multiples versions pour répondre aux différents besoins d’une clientèle exigeante et souvent passionnée, à la recherche de véhicules bien particuliers pour des usages aussi variés que spécifiques. Réalisés principalement sur base DS, CX et XM, les mille-pattes Tissier ont été développés également sur des utilitaires légers comme les C25, C35 et le Jumpy, ainsi que sur la Renault Espace !
Grâce à leurs qualités intrinsèques, dont la conception repose sur un solide châssis et sur la maîtrise totale de la technique de l’hydraulique Citroën appliquée non seulement à la suspension mais aussi au freinage haute pression, les Tissier ne sont pas seulement des véhicules à l’apparence ostentatoire dans le seul but d’épater (comme c’est le cas pour certains…) mais bien des voitures extraordinaires aux capacités incroyables souvent insoupçonnées ! Il a été réellement le premier à développer ce genre de véhicules sur la base de voitures de tourisme, de surcroît à des fins de commercialisation, et dotées de réelles capacités de chargement ainsi que des qualités routières hors pairs, avant d’être copié avec plus ou moins de bonheur, toujours sur la base de véhicules Citroën, notamment par des « concurrents » étrangers…
C’est en 1972 que Pierre Tissier eut l’idée de se construire son premier mille-pattes, un plateau porte-voiture à 3 essieux arrière sur la base d’une DS. Il était à l’époque agent Panhard en région parisienne et cherchait un véhicule rapide et confortable pour convoyer les voitures d’occasion qu’il livrait régulièrement en Espagne. Mais aucun véhicule existant alors sur le marché ne correspondait à ses attentes. Il décida alors de se construire lui-même le véhicule dont il rêvait. Son choix se porta logiquement sur la DS de Citroën qui possédait de nombreux atouts : la traction avant bien sûr mais aussi et surtout l’exclusive technologie de l’hydraulique pour la suspension, la direction et le freinage avec centrale d’énergie qui offrait des possibilités de développement formidables, introuvables sur n’importe quelle autre voiture au monde ! Il réussit, seul, à concrétiser son projet en 3 mois seulement qui donna naissance à un prototype de véhicule hybride constitué d’une partie avant de DS à laquelle il ajoute derrière une structure de sa propre conception sous la forme d’un plateau destiné au chargement d’un véhicule qui repose sur 3 essieux équipés de petites roues de 10 pouces. Son plateau DS porte-voiture à 2 portes est rapidement mis au point et donc opérationnel pour le transport de voitures. Ce « drôle » d’engin ne passera bien évidemment pas inaperçu et dès l’année suivante, en 1973, il reçoit une première commande pour un modèle analogue. C’est alors le début de la fabuleuse aventure puisque Pierre Tissier crée sa société ADPT (Application Des Procédés Tissier) pour la construction de voitures de ce type selon le principe qu’il a défini et qui a fait l’objet du dépôt d’un brevet.
Très vite, d’autres demandes arrivent pour ce nouveau genre de véhicule qui intéresse les garagistes et les sociétés d’assistance pour le dépannage. Parallèlement à la construction des premiers plateaux DS porte-voitures, Pierre Tissier met au point un fourgon à 6 roues pour le transport de la presse toujours sur la base de la DS et dont les premiers exemplaires sortiront de ses ateliers en 1974. Les DS Tissier à 6 et 8 roues feront rapidement leurs preuves de viabilité et d’efficacité.
La DS 6 roues de Télé Cinétel transformée en travelling à partir d’un fourgon car Pierre Tissier n’a jamais fait de DS travelling (contrairement aux CX) avec une Jaguar XJ6 série III derrière, utilisée par Rémy Julienne pendant un tournage.
Lorsque Citroën remplace la DS par la CX en 1975, Pierre Tissier étudie alors de nouvelles carrosseries adaptées à la nouvelle Citroën de haut de gamme qui seront déclinées rapidement en bagagères et ambulances à 6 roues en différentes configurations ainsi que, au fil du temps, dans bien d’autres versions à carrosserie unique et/ou spécifique tout en poursuivant bien sûr la construction de plateaux porte-voitures selon le même principe que celui adopté à ses tout débuts sur la DS et qui feront sa renommée.
La CX permettra à Pierre Tissier d’exploiter pleinement ses très nombreuses idées de constructions atypiques sur des prototypes ou au travers de modèles commercialisés grâce notamment à des circonstances économiques favorables (qui n’existent plus de nos jours) qui attireront de gros clients fidèles comme la société Hollander ou les ambulanciers, lesquels trouveront dans les mille-pattes Tissier des prestations introuvables ailleurs…
Lorsque la XM succède à la CX en 1989 chez Citroën, Pierre Tissier poursuit ses transformations sur la base de cette nouvelle grande berline en adoptant une carrosserie inédite pour ses bagagères et ambulances mais se lance aussi dans un nouveau créneau pour lui, celui des limousines (après un essai réussi sur la CX). Deux modèles différents verront le jour, la « petite » dénommée Altesse et la grande portant le nom de Majesté, qui seront réalisés chacun à quelques exemplaires. Quelques plateaux verront également le jour.
Bagagère XM
Plateau XM
Mais la période XM correspond malheureusement à un déclin du marché pour ce type de véhicule hors norme dû à de nombreuses raisons, et notamment à celui du coût élevé de la transformation. La production des XM Tissier sera ainsi beaucoup plus confidentielle que celle de la CX qui restera comme le modèle le plus emblématique des mille-pattes du constructeur de Villeneuve-le-Roi, avec la DS.
Aujourd’hui, une grande partie de la production Tissier est toujours existante et essentiellement préservée par des collectionneurs et passionnés qui utilisent leur(s) véhicule(s) le plus souvent de façon occasionnelle mais aussi parfois de manière régulière. L’amicale des Automobiles Tissier, créée en 1999 à la demande du constructeur, participe activement à la préservation de ces Citroën exceptionnelles. Elle effectue de nombreuses recherches historiques et techniques ainsi que le recensement des nombreux véhicules transformés par Pierre Tissier et son équipe, afin d’aider à la préservation de ce fabuleux patrimoine automobile français unique au monde. Elle participe également à la plupart des grandes manifestations Citroën en France mais aussi à l’étranger, toujours avec la présence du créateur de ces mille-pattes, pour que le mythe perdure.
Philippe Choulan Amicale des Automobiles Tissier
Quelques photos encore pour illustrer Pierre Tissier.
Une belle photo comme j’aime, 2 Citroën ensemble, beaucoup de roues !
Ambulance Citroën Cx 2400. Des comme ça, j’en voyais pas mal sur les routes il y a quelque temps. C’est un gros morceau, que j’aime bien.
La CX fourgon grand volume 4 portes
2 Versions de plateau porte hélicoptère ont été construites, ici le plateau CX porte-hélicoptère blanc 4 portes. Si vous savez d’où provient cette photo, écrivez moi à marc@sixmania.fr , merci.
Les XM sont aussi de la mise, admirez le travail, en plateau 8 roues. Avant modification du plateau.
Apres modification du plateau
il s’agissait d’un porte-tube avec un plateau plat, au dessus de grandes roues et avec les roues déportées en arrière pour permettre un dépassement des charges vers l’arrière. La modif a été de ré-avancer les essieux arrières pour recentrer la charge et ‘plier’ le plateau pour faciliter le chargement des véhicules.
Une XM Bagagère dans les ateliers Tissier de Villeneuve le Roi, elle a été construite pour Higgs international puis repeinte pour revente à un particulier.
Tissier a aussi modifié des Jumpy pour en faire des ambulances à 6 roues.
La Renault Espace à 6 roues existe, chouette engin, non ?
Un pin’s CX Ambulance Tissier
SM porte plateau 10 roues
J’ai supprimé les commentaires de Christian de Léotard qui étaient trop agressifs, vraiment désolé pour les gens qu’il agressait, je n’avais pas relu cet article, j’aurais dû le faire avant…
Je vais faire un nouvel article entièrement consacré à la SM plateau 10 roues très prochainement, je reviendrai mettre un lien ici.
La CX Tissier à carrosserie spéciale de CdL – Photo CDL
Une petite série de photos prises par Benoît Dujardin lors du rassemblement pour les 50 ans de la DS à St Quentin en Yvelines le 8 octobre 2005.
La « Trets » de Tissier, ex AAGarage (juste au dessus) restaurée et améliorée (intérieur).
Merci à Max (12/01/2008)
le plateau DS du garage SM2A n’est pas une réalisation de Pierre Tissier, mais une réalisation de son patron Jean Michel Gallet. De Tissier elle n’a que les roues arrière récupérées sur des fourgons DS Tissier, quant à la carte grise c’est celle d’un fourgon DS 6 roues Tissier. Pierre Tissier n’a jamais construit de plateau DS avec le plateau droit, mais toujours incliné, hormis le prototype en 6 roues modifié par la suite en 8 roues, puis reconstruite totalement dans les années 80. (Merci à Monsieur Buron 04/11/2019)