Citroën Tissier « CX14 » – 1981

En 1980, Pierre Tissier présente sur le stand Citroën au salon de l’auto de Paris la CX « Penthouse », un prototype qui validait l’étude de faisabilité d’un véhicule à la fois très habitable et rapide.
Basée sur une Bagagère petit volume, l’aménagement intérieur était très complet, les équipements de confort luxueux et la présentation soignée en faisait un véhicule de loisirs hors pair. Le moteur était le performant 2400 GTI.

Le compartiment arrière avait été aménagé par Dubicamper (divisé en deux parties : salon et sanitaire).

Cette incroyable automobile a eu un beau succès d’estime et fort de cela, Pierre Tissier qui faisant ici une incursion dans un domaine beaucoup moins utilitaire qu’à son habitude, entrevoit l’idée de continuer dans cette voie.

A l’instar de la CX Penthouse qui fait référence aux vans US, c’est cette fois les véhicules de liaison aéroportuaires américains qui vont l’inspirer.

En effet, aux États-Unis jusqu’aux années 80, il était fréquent de rencontrer dans les très grandes villes ce type de « mini-bus » basés sur des voitures dites de tourismes, fortement rallongées.

Elles permettaient de faire des trajets entre les centres urbains et les aéroports plus rapidement et confortablement que les autocars ou métros pour des clients qui voyageaient à la journée, notamment les professionnels en affaires, qui n’emportaient que très peu de bagages.

Les plus connues d’entres elles sont certainement les « Checker Aérobus ».

Ces navettes pouvaient transporter jusqu’à 15 passagers.

De luxueuses versions basées sur les Oldsmobile Toronado de 1969.

C’est en 1981 que la « CX14 » ainsi nommée voit le jour elle ne reprend pas réellement d’éléments ommuns aux autres transformations Tissier… même le châssis est différent et s’apparente à celui des CX Loadrunner.
Elle se présente sous la forme d’un immense break au design proche de celui de série et se distingue par ses 6 portes et ses 3 banquettes à 4 places donnant ainsi une capacité d’embarquement de 14 personnes (chauffeur comprit) tout en conservant un espace de coffre suffisant.
On est là totalement dans la recette des « airport shuttles » précédemment citées.

La CX14 brut de carrosserie (photo © JP Trinel)

On remarquera que Pierre Tissier a utilisé un maximum d’éléments provenant de la série économisant ainsi de lourds frais d’études et de fabrication sur-mesure :

  • Les feux et pare-chocs arrières sont d’origine ;
  • Les portières en rang 2 proviennent de la berline et sont rallongées pour correspondre à la feuillure des portière suivantes ;
  • En rang 3, les portières proviennent du break et ne sont pas modifiée ;
  • Toutes les mécaniques des serrures et des charnières sont conservées ;
  • Les vitres latérales de coffre sont issues du break (2 fois les mêmes).

C’est pour cela que les pieds-milieux en rang 2 et 4 sont si massifs car les encadrements de vitres sont strictement conservés.

La CX14 dans sa première définition.

D’ailleurs pour masquer visuellement ces parties moins gracieuses, les entourages de fenêtres sont traités en noir, un artifice optique simulant un unique bandeau.

La CX14 dans sa livrée définitive.

Lors de le Semaine Internationale de l’Autocar et de l’Autobus, salon qui se tenait à Nice en Mai 1981, La CX14 à remportée une médaille d’argent (hors concours) devant ses consœurs C35 des carrossiers Gruau et Grillet.

Elle sera utilisée en 1982 dans le cadre du tournoi de tennis à Rolland Garros et sur le Tour de France.

On note que les feux arrière des CX de série on dut ici être inclinés pour correspondre
aux gables des nouvelles ailes arrières.

Quelques éléments techniques :

  • Poids : 2000kg à vide
  • Motorisation : diesel 4cyl 2500cm3 atmosphérique 75cv
  • Longueur : 6,95 m

La CX14 au paddock lors d’un rallye avec Alain Tissier (revue Mille-pattes de l’Amicale Tissier).

En 1999, afin de sauvegarder cette auto exceptionnelle et unique, Pierre Tissier fait don de la CX14 à l’Amicale des Automobiles Tissier toute nouvellement créée.
Pendant 4 ans l’Amicale essaye de trouver désespérément une solution pour la stocker dans de bonnes conditions sans succès.
Une issue arrivera par le biais de Pierre Tissier qui en 2004 trouve un mécène volontaire à la restauration de la CX14.
Bien que très fatiguée, la CX14 part par la route rejoindre son nouveau domicile.
Mais l’amicale déchante rapidement, il s’avère rapidement que le mécène en question n’a pas les moyens de ses ambitions et le projet de restauration n’avance pas.
En 2004, l’Amicale prend la décision en accord avec Pierre Tissier de rapatrier la CX14 à l’usine, elle est alors dans un piteux état, rongée par la corrosion… faute de place, la voiture sera remisée sous bâche en extérieur.

L’Amicale prend alors un temps de réflexion afin d’évaluer la possibilité que la restauration soit effectuée par ses propres soins.

Malheureusement, les ressources financières de l’Amicale ne sont pas suffisantes pour assurer et assumer raisonnablement projet, le président décide alors d’une réunion avec Pierre Tissier afin de sortir de l’impasse.
Une solution est conjointement trouvée sous le forme d’une proposition de cession de la CX14, vente qui se fera sous conditions, une charte est rédigée pour cela.
Le futur acheteur devra entre autres être adhérent de l’Amicale, présenter toutes les garanties concernant le sérieux de son entreprise et aura obligation de communiquer régulièrement avec l’Amicale sur l’avancement des travaux.
La publicité de cette annonce est faite en 2005, la voiture est offerte contre 4600€.

On connait le véritable culte que vouent les Hollandais pour la marque Citroën, c’est donc aux Pays-Bas que la CX14 a trouvé un acquéreur fortement motivé par sa résurrection.
C’est donc fin 2005 qu’après quelques efforts, la voiture ne démarrait plus, la CX14 part sur un plateau et est enfin entreposé à l’abri dans un hangar.
Son nouveau propriétaire ne perd pas de temps pour se pencher sur son cas et dans un premier décide de programmer le changement de la tête motrice série 1 contre une série 2 en 2,5l turbo-diesel, ce qui est prometteur.

Le départ vers la Hollande (revue Mille-pattes de l’Amicale Tissier).

En 2OO7, la CX14 fait une apparition au Salon de Reims du Véhicule de Collection à l’initiative de son nouveau propriétaire.

La CX14 arrive au salon de Reims…

La rouille est omniprésente… heureusement le châssis de révèle encore sain.L’immatriculation prototype provisoire est toujours là…

Le thème du Salon de Reims était la « sortie de grange » !

Les dernières nouvelles de 2010 mentionnent que la CX14 était en passe d’être mise sur un marbre spécifique aux véhicules longs et que la fin de la restauration était prévue pour 2011…

Une miniature au 1/43 faite en 2016 par un adhérent du CAMAC
(Cercle des Amateurs de Miniatures Automobiles Citroën)

 

En 2019, sur un Groupe Facebook :

Il y a quelque temps, il y avait un article sur la CX Tissier Roland Garros 14 places. Les photos qui accompagnaient cet article étaient datées (2007). Comme j’ai pu parler au propriétaire de Citromobile 2019, je lui ai demandé s’il pouvait m’envoyer des photos récentes. Et il l’a fait.

La dernière fois que la CX14 a été déplacée d’un stockage à un autre, ces trois photos ont été prises. 

Veuillez garder à l’esprit que le propriétaire actuel a sauvé cette voiture de la ferraille et qu’il la restaurera un jour. Entre-temps, elle restera telle quelle, de sorte qu’il n’est pas à blâmer mais à féliciter pour avoir sauvé cet unique CX Tissier!

 

Le Crawler Transporter de la NASA : Le plus gros ATV du monde

Le Crawler Transporter de la NASA : Le plus gros ATV du monde

(16/03/2007)


Maquette de l’ensemble

L’idée de départ était de pouvoir construire les fusées dans un lieu protégé, le VAB (Vehicle Assembly Building) au Kennedy Spacial Center, puis de transférer ces fusées sur la pas de tir au moyen d’un véhicule spécial. Au début du projet, la NASA voulait intégrer la tour de lancement sur ce véhicule, mais par rapport aux dégâts provoqués par les tuyères des fusées au lancement, il aurait fallu trop de temps de réparation avant un prochain tir. Le véhicule a donc été conçu uniquement pour le transport, la tour de lancement restant fixe et indépendante.


Le chantier de construction du Crawler


Et différentes étapes


1964

Le design fondamental a été fixé en 1962, le premier Crawler (chenille) est arrivé sur l’île de Merritt le 1er novembre 1964. Au final, deux Crawler Transporter (CT) ont été livrés à la NASA. L’un s’est appelé Hans, et l’autre s’est appelé Franz. Après le projet d’Apollo, un certain nombre de modifications ont été faites pour pouvoir accueillir la navette spatiale. Ces Crawler ont étés employés pendant environ 40 ans sans modification particulière.
Quand ils ont été construits, ils étaient les plus grands véhicules offroad du monde jamais construits. Aujourd’hui ils sont surpassé par l’excavatrice Allemande, Bagger 288, pour laquelle je ferais aussi un sujet !


Bagger 288

Déroulement des opérations : D’abord le Crawler amène le lanceur mobile au VAB. Dès que la fusée Saturne V a été construit sur le lanceur mobile, le Crawler transporte le tout sur le pas de tir LC-39. Un système de guidage par laser permet au Crawler de se placer très précisément au bon endroit sur le pas de tir.

Puis le Crawler transporte la structure de service mobile (MSS) jusqu’au pas de tir pour pouvoir maintenir la fusée. Juste avant le lancement, le Crawler déplace la MSS dans son aire de stationnement. Après le tir, le Crawler ramène le lanceur mobile dans l’aire de maintenance près du VAB.

Cela prend de 5 à 8 heures pour porter le lanceur mobile du VAB au pas de tir. La distance du VAB au pas de tir A est d’environ 3.5 miles (5,63 km), et pas de tir B est d’environ 4 miles (6,44 km). Une équipe de 11 personnes à pieds sont chargés de vérifier le bon déroulement des opérations et de stopper le convoi très rapidement en cas de problème, même mineur.

Ne croyez pas que le chemin est en ligne droite, il comporte un virage et une côte !!
Le corps du Crawler peut s’incliner de plus ou moins 10 degrés pour garder la fusée en position horizontale pendant la montée de la pente à 5% vers le pas de tir.

Le corps du Crawler est monté sur 4 trains de chenilles. Chacun prends en charge deux énormes chenilles de 3 mètres de hauteur et 12 mètres de longueur. Chaque chenille est composée de 57 maillons maintenus par des goupilles de 50 kg chacune. Les maillons en acier doivent être régulièrement changés en raison de la très lourde charge qu’ils doivent supporter !

Le poids de chaque maillon est de 907 kg. Quatre générateurs électriques de 1000 kW chacun sont entrainés par deux moteurs diesel de 2750 chevaux à 16 cylindres. L’énergie produite fournis l’électricité aux 16 moteurs DC de 375 chevaux qui entrainent les chenilles.

La puissance électrique nécessaire pour le reste (cric hydraulique pour soulever le Crawler, direction, ventilation, éclairage, etc.) est assurée par 2 générateurs de 750 kW qui sont entrainés par 2 moteurs diesel de 1065 chevaux. Cette puissance est essentiellement utilisée par 4 pompes hydrauliques pour les commandes de direction et 8 autres pompes hydrauliques pour les différents systèmes de niveaux du plateau et de l’engin lui même.
En outre, le Crawler a 2 générateurs supplémentaires de 150 kW pour alimenter une partie du lanceur mobile de Saturne V ou des plateformes mobiles de lancement de la Navette. La capacité du réservoir de gasoil est de 5.000 gallons, soit 18931,18 litres… Le Crawler consomme environ 352 litres par kilomètre.

Pour éviter les demi-tours, 2 cabines de commande sont placée à deux coins opposés du Crawler. Tous les systèmes de mesure sont contrôlés depuis chaque cabine.

Le prix de départ avait été fixé à 8 millions de dollars, mais 2 ans après, la NASA en avait dépensé plus de 14… En raison de leur importance et coût, les Crawlers été surnommés, « Them Golden Slippers ».

Longueur : 40 mètres (131ft)
Largeur : 35 mètres (114ft)
Hauteur : 6 à 8 mètres (20-26ft)
Poids : 2721 tonnes
Vitesse maximum : 1.6km/h chargé et 3.2km/h à vide
Fabricant : Marion Power Shovel Co. of Ohio
Prix : approximativement 14 millions de dollars Américains
Livraison : 1er novembre 1964

Le Crawler en images


Photo souvenir de la NASA !!!


Un des moteur diesel


Vue de la cabine de pilotage, c’est plus simple qu’une navette !


Avec Saturne V dans la pente


Sortie du VAB


C’est parti pour 6 km…


Détail de l’intérieur